Des nouvelles de Sefien Rhenja

 

Aujourd'hui étudiant en 1ère année de faculté d'économie, à Vauban, Sefien Rhenja a failli perdre la vie en 2014. U17 sous les couleurs de Saint-Sylvestre, le jeune homme s'est effondré au cours d'un match face à la Fontonne, victime d'un malaise cardiaque. Quatre ans plus tard, Actufoot a pris des nouvelles du jeune homme.


Sefien, que devenez-vous ?

Quatre ans après, je joue au foot avec mes collègues pour m’amuser. J’ai arrêté en club depuis plusieurs mois. J’avais repris à Saint Sylvestre sous les ordres de Rudy Dispinseri. Il m’a aidé à me refamiliariser avec les terrains. Ca m’a permis de ne pas abandonner ma passion.

Revenons sur les mois qui ont suivi l’accident…

Je suis resté cinq mois à l’hôpital, puis à la maison de repos pendant que je faisais ma convalescence. Je suis sorti au mois d’août, et j’ai repris les entraînements en fin de saison. Au total, je suis resté 14 mois sans jouer. J’ai repris tranquillement avec Rudy. Ca s’est bien passé. J’ai eu quelques blessures, mais elles n’étaient que musculaires.

Quel souvenir gardez-vous de ce qu’il s’est passé le jour de votre malaise cardiaque ?

Je n’en garde aucun. Je me rappelle uniquement quand je me suis réveillé à l’hôpital.

Vous vous rendez compte de votre chance d’être en vie aujourd’hui ?

C’est sûr que j’ai de la chance. Ce n’est pas donné à tout le monde de survivre à ça, surtout à un jeune âge. Je dis « Merci Dieu », puisque je suis croyant.

Le malaise cardiaque était-il évitable ?

J’avais une malformation des coronaires, mais elle était pratiquement impossible à détecter. J’ai eu souvent des malaises durant mon enfance. J’ai fait des examens, mais ça n’a rien montré. Ce match a été l’élément déclencheur. Quand j’ai été transféré à La Timone, ils ont trouvé ce que j’avais. Finalement, je savais qu’au fond, j’avais un problème, mais je me suis dit que le problème venait de moi, que je n’avais pas assez travaillé mon endurance.

Que retenez-vous de cette histoire ?

Que c’est le destin. Je n’ai pas pu l’éviter. C’est un mal pour un bien. J’ai remarqué quel problème était en moi. J’ai eu beaucoup de chance. C’est une épreuve à surmonter.

Le foot ?

C’est devenu un loisir. C’était très difficile de retrouver l’endurance après l’opération. J’ai eu quelques pépins physiques qui ont cassé la motivation de reprendre réellement.

Souffriez-vous de ne pas jouer ?

Ouais, ça a été dur. Au bout d’un mois à l’hôpital, j’ai demandé quand je pouvais reprendre. Quand j’ai repris l’entrainement, ça a fait du bien. Je voyais qu’il y avait quelque chose qui me manquait. Le médecin et le cardiologue ont dit de ne pas trop forcer. Je n’avais pas peur de reprendre. Mon père était contre, ma mère aussi. Ils ont accepté mon choix, ça s’est bien passé.

Aujourd’hui, ça vous manque de ne plus jouer en club ?

Oui. J’en parle souvent avec mes collègues, de nos souvenirs passés. Je ne peux pas tout avoir. Retourner en club est très difficile. J’ai beaucoup perdu en endurance et en masse musculaire.

Le décès de Davide Astori (capitaine de la Fiorentina), quasiment quatre ans jour pour jour après votre accident a-t-il eu un impact ?

J’ai pensé à ça. Pas que par rapport à Davide Astori, mais à plusieurs types de problèmes qui sont survenus ces derniers mois. Dès qu’il y en a, ça me fait penser à ce qui m’est arrivé.

Que diriez-vous à un jeune qui ressent des douleurs cardiaques ?

S’il a eu quelques problèmes dans le passé, je conseillerais de faire des examens, de voir si tout est en ordre. Il ne faut pas jouer avec sa vie. Mais il ne faut pas mettre la passion de coté, car c’est une partie de leur vie. Il faut juste être très vigilant.


Propos recueillis sur le site internet actufoot

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